Traduction d'une contribution d'André Ménache, directeur d'Antidote Europe
L’année 2009 offre plusieurs bonnes occasions de secouer le système. Chacun d’entre nous doit reconnaître ces opportunités et les saisir. Chaque jour passé par un seul rat dans une cage de laboratoire (l’équivalent d’un mois pour un humain) est un autre jour passé en enfer.
De quelles opportunités s’agit-il ?
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Les expériences sur les primates mises en cause – L’an dernier, plusieurs expériences sur des singes ont été remises en cause dans certains pays, notamment l’Allemagne et la Suisse. En juin 2008, l’Université de Zurich annonçait que le tribunal administratif local avait déclaré illégales les expériences sur des singes rhésus. Dans le même registre, des militants pour les droits des animaux de l’état de Brême sont parvenus à remettre en question des recherches invasives sur des primates en Allemagne. La leçon à tirer est que si nous continuons à faire des actions en justice du même genre, nous finirons par remporter une victoire. La réglementation relative aux expériences sur les animaux de l’Union Européenne (UE), c’est-à-dire la Directive 86/609/EC, n’autorise pas une expérience sur un animal si des données équivalentes peuvent être obtenues par une méthode n’utilisant pas d’animaux. Il est temps d’exploiter à fond cette avancée juridique.
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L’interdiction des tests sur les animaux pour les cosmétiques – La Directive européenne sur les cosmétiques interdisant l’utilisation d’animaux pour réaliser des tests cosmétiques entre en application en mars 2009. Actuellement, l’industrie cosmétique s’inquiète et est perturbée parce que de nombreuses substances chimiques utilisées dans les cosmétiques le sont également par l’industrie chimique, domaine où les tests sur les animaux sont encore autorisés dans le cadre du programme de tests de substances chimiques de l’UE, le programme REACH (enRegistrement, Évaluation, Autorisation et Restriction des substances Chimiques). L’industrie cosmétique s’est donc tournée vers ses scientifiques pour mettre au point une stratégie de tests sans recourir à l’animal, mission que ces derniers semblent avoir rempli avec brio. La morale de l’histoire est que l’industrie ne manque pas d’expertise scientifique pour mettre au point des méthodes n’utilisant pas les animaux. Elle a juste besoin d’un peu de persuasion et dans le cas présent, d’une date butoir imposée par l’UE.
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REACH – Le programme de tests de substances chimiques de l’UE a commencé en juin 2007. Il prévoit de tester 30 000 substances chimiques exigeant le sacrifice de millions d’animaux dans le cadre de tests de toxicité. Voici un autre exemple criant où l’industrie a choisi la voie de la moindre résistance – les tests sur les animaux sont ce que l’industrie et les autorités de réglementation sont habitués à faire. Si l’industrie cosmétique peut développer une stratégie de tests sans animaux, alors l’industrie chimique peut faire de même. Il nous faut persuader la Commission Européenne (CE) que les méthodes ne s’appuyant pas sur l’animal sont bien plus efficaces que les tests sur les animaux. Mettre la pression sur la CE en dénonçant publiquement et massivement le massacre des animaux est essentiel. Qui plus est, la législation REACH permet de faire la promotion des tests sans animaux.
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L’industrie pharmaceutique – Aussi incroyable que cela peut paraître, la loi de l’UE relative aux tests de substances médicinales à usage humain (Directive 2001/83/EC) rend obligatoire la soumission de données obtenues sur des animaux, mais uniquement facultative la fourniture de données précliniques sur les
humains. En d’autres termes, une entreprise
du médicament n’est pas contrainte de fournir des données substantielles sur les cellules humaines (par exemple la toxicogénomique) lorsqu’elle fait une demande d’autorisation de mise sur le
marché (AMM) d’un médicament. Cette situation absurde a été portée à l’attention du Parlement européen au moyen d’une question parlementaire. Affaire à suivre.
« Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et tôt ou tard l’opinion publique les chassera. La publicité n’est peut-être pas la seule chose nécessaire, mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines » (Joseph Pulitzer – traduction libre)
division du travail propre aux chaînes d’abattage, un certain Henry Ford s’en inspira pour optimiser ses usines d’automobiles. Or, Henry Ford
était un fervent admirateur du jeune parti national-socialiste et ses thèses antisémites avaient rencontré un large écho dans l’Allemagne des années 30 : Hitler lui-même n’avait-il pas un
portrait de l’homme d’affaires dans son bureau ? Troublante, la question de savoir si l’organisation des camps de la mort copiait les processus industriels inventés dans les abattoirs de
Chicago nous amène au constat qu’en tout état de cause, la division du travail, cette douteuse avancée de l’homme moderne, a introduit quelque chose de nouveau dans notre civilisation : la
banalisation du geste qui tue à un niveau jamais atteint d’insensibilité. Charles Patterson termine son essai par un hommage à Isaac Bashevis Singer et par des témoignages de défenseurs des
droits des animaux, Juifs – au premier rang desquels le philosophe Peter Singer – comme non Juifs.